Discours de Pierre Laurent aux personnalités (Fête de l'Humanité)


Pierre Laurent - Stand national des communistes
15 septembre 2018

 

 


Chers amis, chers camarades,

Je voudrais avant toute chose dédier mon discours à la mémoire de Maurice Audin et dire, à Josette et à ses enfants, l’immense émotion qui est la mienne, et je crois celle de toutes celles et ceux qui sont à la Fête, depuis l’annonce du président de la République jeudi dernier. Le combat pour la vérité a gagné, 61 ans de combat !

C'est une victoire contre le mensonge d’État, contre la torture, contre la colonisation, pour l’honneur de tous ceux qui ont payé de leur vie ce combat. Nous avons célébré hier ici même cet événement majeur en inaugurant la place Maurice Audin dans la Fête. Pour le journal L’Humanité, pour le Parti communiste français, pour le peuple algérien, pour tous ceux avec qui nous avons mené ce combat c’est une nouvelle de portée historique.

Cette victoire nous le confirme : ceux qui luttent pour la dignité humaine, contre tous les systèmes de domination, avanceront toujours dans le sens de l’Histoire.

C’est une belle leçon, d’une très grande actualité face à la barbarie du monde actuel.

Je veux associer à ce moment les trop nombreux progressistes du monde entier qui croupissent quelque part dans une prison pour leurs idées, parce qu’ils veulent un monde plus juste, et qui souvent subissent la torture et l’humiliation.


Permettez-moi d’avoir une pensée toute particulière pour Selahattin Demirtas que le régime d’Erdogan vient de condamner à la peine inique de 4 ans de prison, pour le président Lula emprisonné par un régime corrompu prêt, en interdisant Lula d’élection, à faire le lit d’un nouveau régime dictatorial d’extrême-droite au Brésil.
Permettez moi d'avoir une pensée pour Marwan Barghouti, Salah Hamouri et tous les prisonniers palestiniens…

Salut à Ahed Tamimi

C’est à tous ces combattants de la liberté que je dédie ce discours.

Le monde a besoin comme jamais de grandes mobilisations humaines pour la justice, la liberté et la paix.

Il a besoin de grandes mobilisations pour que l’humain et la planète ne fassent qu’un, contre cette folle mondialisation capitaliste qui brûle la planète autant qu’elle broie les humains.
Notre cause en vérité est unique.
« C’est à la réalisation de l’humanité que nous travaillons » écrivait Jaurès dans le premier éditorial du journal qui rend chaque année possible cette immense Fête.

Oui, un but unique : une nouvelle humanité qui libérera l’humain et la nature des logiques de profit et de prédation qui les asservissent. Ce n’est pas au progrès de la condition humaine qu’il faut renoncer comme on veut nous le mettre dans le crane.

La tâche du 21è siècle, c'est de redéfinir le sens même du progrès humain en considérant jusqu’au bout cette question essentielle : l’humain et la planète ont leur sort désormais totalement liés. Penser l’un sans penser l’autre, et cela vaut dans les deux sens, c’est se condamner à de dramatiques impasses.


« Et pourtant … elle brûle ! ».


C'est en effet le cri qu'un Galilée des temps modernes aurait lancé à la face de tous ceux qui ne veulent pas voir l’évidence scientifique du réchauffement climatique. Et ce n’est plus le réchauffement mais l’emballement climatique que nous devons désormais craindre.

C'est ce message qu'a adressé, il y a quelques jours, Nicolas Hulot en démissionnant de son poste de Ministre de l'écologie.

Ce message s'adresse à nous, à l'opinion, à la société.

Ce message, je l'entends ! Et des millions de nos concitoyens en France et de par le monde, emplis d'inquiétude, l'ont entendu aussi, comme ils l'ont montré le week-end dernier avec les Marches pour le climat.

Ce qu’ils ont exprimé, à des centaines de milliers de voix, c’est qu’on ne peut pas s'en prendre à la fatalité, et que les femmes et les hommes de cette planète ont le pouvoir de changer le cours des choses, à condition d'identifier la cause du mal et de reprendre les décisions humaines en mains.
Ces décisions que le capital mondialisé veut continuer à confisquer pour lui seul.

Les grands groupes financiers qui dominent le monde, les gouvernements qui les servent, dictent leurs lois et entendent imposer à l'humanité leurs règles de vie, leurs modes de vie, leur mode de développement et de production. S'ils continuent dans cette voie, ils devront être poursuivis pour crime contre l'Humanité et la planète… mais il sera alors trop tard.

Dans le monde de la course au profit, le cumul des dumping social, fiscal, environnemental provoque des catastrophes sociales et écologiques cumulées. Un exemple : comment détruit-on d’un même mouvement la filière bois et ses emplois et la ressource de nos forêts : en surexploitant ces dernières pour exporter désormais près de 25 % de nos meilleurs chênes en Chine juste après l’abattage ?
7 000 km en camion aller-retour pour les produits finis ; 28 000 km en bateaux ; un bilan carbone multiplié par 17.

Le même raisonnement vaut pour toutes les industries manufacturières, textile, habillement, cuir, métallurgie, caoutchouc, plastique… Résultat, la France a encore perdu 27 300 établissements et 530 000 emplois dans ces secteurs ces dix dernières années.

On continue la folie ?

Contre la mondialisation capitaliste, qui déplace les hommes comme des pions et abîme sans vergogne la planète, la relocalisation du travail doit devenir une grande cause du 21è siècle.

Sinon, on se met la tête dans le sable !

Non, il faut réagir sans attendre et nous y mettre nous-mêmes !

La cause du mal, nous sommes de plus en plus nombreux à la désigner.

C'est le capitalisme, la course aux profits et à la compétitivité des rendements pour les actionnaires et les financiers.
C'est le « système », de quelque nom qu'on l'affuble.
Jean Ziegler, qui a le sens des formules choc, le dit sans ambages : « On n'améliorera plus le capitalisme, on doit le détruire avant qu'il ne détruise la planète ! ».
Et il ajoute : « Le moment vient de l'insurrection des consciences ! »

J'en appelle, moi aussi, « à cette insurrection des consciences ».
Je veux en être !

L'enjeu est immense, le défi colossal, on ne peut rien attendre des solutions simplistes. On ne peut écarter aucune solution à priori. Car ce qui peut être efficace ou aller de fait ici, peut-être, là, inacceptable.
L'Humanité doit donc s'entre-aider pour de nouvelles manières de produire et non se concurrencer.

Et surtout, surtout, Il faut travailler dans la bonne direction : par exemple combattre la faim dans le monde et se remettre tous au « bien manger ».

Car, comment imposer la frugalité aux millions d'humains qui, aujourd'hui, manquent de tout ? Faut-il, au prétexte des erreurs et des fautes que nos sociétés, guidées par le seul mode de production capitaliste, ont commises dans leurs marches au progrès, barrer la route du progrès à ceux qui en sont écartés ? Ou au contraire partager les technologies et les expériences et réfléchir avec tous au moyen de ne pas reproduire les mêmes gâchis ? La concurrence ne vaut rien pour la planète, elle coûte même très cher.

L'addition que paient les humains et la planète, c'est le capital qui l'encaisse. C'est là qu'il faut taper. Et pour cela, la coopération et le partage doivent prendre le pas sur la concurrence.

J'en suis persuadé, cet effort et cette recherche se heurteront aux égoïsmes des classes possédantes, aux intérêts puissants et aux lobbys qui les servent, aux logiques du capitalisme financier, aux normes néo-libérales.
Les lobbys, soit-dit en passant, ne sont la plupart du temps que le paravent du capital multi-national.

Alors, il est très important de savoir contre qui et contre quoi on se bat, et indispensable de chercher à dégager des alternatives crédibles, efficaces, concrètes.

Et j’ai la conviction que c’est en cessant de séparer, pire, d'opposer combats écologique et social, mais en fixant dans tous les domaines des objectifs sociaux élevés à nos politiques écologiques qu’on atteindra l’échelle des changements nécessaires : le droit opposable à une alimentation de qualité pour tous, à commencer par la restauration scolaire et la restauration collective dans les quartiers populaires et les grandes concentrations d’emploi ; la rénovation énergétique de l’habitat à commencer par le logement social ; le droit au transport non polluant, par exemple le ferroviaire, à des prix accessibles pour tous sur tout le territoire, voire à des transports non polluants gratuits dans les zones urbaines. Voilà des politiques sociales et écologiques mêlées qui feraient basculer les centres de gravité de nos modèles de développement.

Faute de cela, on en restera à des politiques de niches écologiques porteuses d’énormes inégalités, en laissant de côté la mutation profonde et indispensable du système.
Bien entendu, il faudra pour cela changer totalement les critères des financements publics et bancaires et des allocations de ressources dans les entreprises. Toujours plus pour l’humain et la planète, et toujours moins pour servir des rentes aux actionnaires et aux logiques de profit.
Voilà la nouvelle logique à promouvoir. Fini les cadeaux et exonérations du capital : vive le crédit à taux zéro pour l’investissement social et écologique !

Oui, en changeant de système, en construisant ce que nous appelons un « écommunisme », il est possible de concilier le progrès humain et social, l'égalité, le développement durable, la résolution des conflits et des déséquilibres mondiaux et un mode de production et de consommation, une civilisation qui respectent la planète et la biodiversité.


Ce qui est vrai face au dérèglement climatique l'est aussi face à la barbarie sociale, à la « dé-civilisation » du travail, à laquelle conduit le règne absolu, les lois d'airain, que la finance impose.

Nous en avons un bel exemple avec Macron, ce président construit de A à Z par les milieux de la finance.
La France devait entrer dans un nouveau monde.
En vérité, il n'a suffit que de quelques mois pour que la macronie se couche dans les ors des palais et le lit de la finance.

Il fallait dégager le vieux monde ! Aux oubliettes !
Bref, on allait voir ce qu’on allait voir… On a vu !

Augmentation de la CSG, blocage des pensions de retraites, diminution des APL, blocage des salaires des fonctionnaires, réduction des dotations pour les communes, des emplois aidés d'un côté, et de l'autre suppression de l'ISF et mesures fiscales, pour piquer dans la poche des pauvres et des classes moyennes afin d'abonder les profits des hyper riches, l'imagination est sans limite !

Ah, ça, ça ruisselle dur, mais jamais dans le bon sens !
Toujours du bas vers le haut !

Et pour quels résultats ? Le chômage ? Il progresse encore.
La précarité ? Elle galope.
La pauvreté ? Elle est endémique.
Les déficits ? Ils se creusent.
La société se déchire dans la précarité et l'insécurité, le repli nationaliste ou populiste envahit l'espace politique.

Et qu'on arrête de nous dire que l'argent manque quand il coule à flot toujours pour les mêmes.
Un seul chiffre, un seul !
Savez-vous à combien se sont montés les revenus financiers des entreprises et des banques l'année dernière : 342 Milliards d'euros !

Ça vous dit quelque chose quand on nous parle d'à peine 8 Milliards pour le plan pauvreté et qu'on taille dans tous les services publics, tous les budgets publics ?
Et savez-vous combien ces 342 Milliards d'euros de revenus financiers ont cotisé à la Sécurité Sociale l'année dernière ?
Zéro euro !!
Oui, zéro parce que dans notre pays, les revenus financiers des entreprises ne sont soumis à aucune cotisation sociale !

Les paradis fiscaux, il n'y a pas besoin d'aller les chercher sous les tropiques.
Ils sont là sous nos pieds.
Du « pognon de dingue » comme dirait l'autre, il y en a !
C'est scandaleux, parce que construire la protection sociale du 21è siècle, c'est l'un des autres grands défis de l'humanité.

Il faut remettre sur le métier la grande œuvre d'Ambroise Croizat, en allant au bout de l'ambition d'une Sécurité Sociale universelle, c(est-à-dire :

- sécuriser l'emploi et la formation tout au long de la vie contre la précarité galopante et les projets du Medef de casser l'assurance chômage,

- éradiquer la pauvreté en assurant à tous un revenu, un logement, le droit à se nourrir correctement et le droit à l'éducation,
- assurer aux femmes une réelle égalité salariale et l'accès à toutes les filières, tous les métiers, toutes les responsabilités sans discrimination,

- reprendre le chemin d'un nouveau progrès du système de retraite et non l'inverse pour que chacun puisse vivre une retraite digne, financée dans la solidarité de tous,

- construire le service public de prise en charge de la perte d'autonomie, en écoutant le cri d'alarme des familles et des personnels des Ehpad,

- remettre sur pied le système de santé, de l'hôpital à la médecine de proximité, en repensant un système mis en souffrance par une politique aveugle de restriction budgétaire,

- donner un statut aux aidants, c'est 6 millions de personnes qui aident aujourd'hui bénévolement un parent, un proche, un enfant à l'école, sans aucune aide réelle, ni statut, ni droit au repos.

La Sécurité Sociale universelle du 21è siècle doit redevenir notre grande cause.

Gattaz, ancien patron du Medef, avait déclaré lors d'un voyage en Chine : « Je viens d'un pays communiste, la France, j'arrive dans un pays capitaliste ».
Il s'était peut être trompé sur l'avenir de la Chine, en prenant ses désirs pour des réalités.
Mais ce qui est sûr, c'est qu'en prononçant cette phrase, il visait bien la Sécurité sociale.
Oui, la Sécurité Sociale de Croizat, c'est du communisme, et la Sécurité Sociale du 21è siècle que nous voulons construire c'est un grand projet communiste qui peut appartenir à tous

*

Je veux aussi vous dire un mot de la grande cause qu'est la culture.
Ils ne veulent pas seulement piller notre travail, nos richesses, ponctionner nos salaires et nos retraites.
Ils veulent aussi coloniser nos consciences, asservir nos imaginaires, nous faire craindre l'altérité et la diversité des cultures quand c'est toujours dans l'altérité que nous construisons notre humanité individuelle et collective.

Oui, il faut « degoogliser » le monde et nos consciences, sinon les GAFAM non seulement nous rançonneront, mais ils nous diront comment vivre.
L'émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux-mêmes. Mais pour qu'il en soit ainsi, l'émancipation culturelle de chacun est une grande question révolutionnaire.

Notre bel ami, Robin Renucci, répondant dans une interview à l'Humanité cet été, à la question de savoir ce qu'il attendait des partis politiques pour répondre à l'appel à la mobilisation culturelle qu'il lançait, a dit : « ce n'est pas à nous de saisir les partis politiques, c'est aux partis de se saisir sérieusement de la grande cause de la culture ».

Nous répondons présents ; les 28 et 29 septembre, nous tiendrons la Convention nationale du Parti communiste pour « l'art, la culture et l'éducation » à l’Espace Niemeyer.

*

Nous serons, pour les mêmes raisons fondamentales, partie prenante de toutes les mobilisations pour donner au sport les moyens d'un vrai développement.

A la veille des JO de 2024, le massacre de ce qui reste du maigre budget des sports dans notre pays est une honte. La pratique sportive est une dimension à part entière de l'émancipation humaine, un vecteur majeur de solidarité et d'humanité.
Le corps n'est pas une marchandise !

La nouvelle humanité, nous la construirons dans toutes ces batailles et dans leur dimension internationaliste.

*

Nous entrons pour cette raison dans la bataille des élections européennes avec beaucoup d'ambition.

L'étau infernal des politiques ultra-libérales qui ravagent les politiques sociales et de services publics en Europe, et du poison nationaliste raciste et xénophobe que fait naître en retour cette compétition à outrance chère payée par les travailleurs, doit être impérativement desserré.

De la mise en concurrence à outrance des peuples à leur mise en opposition, voire en guerre, il n’y a qu’un pas. Toute l'histoire nous l'enseigne.
La politique de Macron et celle de l’Union européenne sont imbriquées. Combattre l’une, c’est combattre l’autre et réciproquement.
La campagne des élections Européennes du mois de mai prochain va se mener sur des questions de fond, sur le sens que nous voulons donner à nos sociétés : va-t-on vers une Europe de la solidarité, de la coopération, des droits ou bien vers une Europe qui poursuit une politique libérale, de millenairerepli identitaire, de rejet de l’autre.
Nous voyons dans quel piège peuvent s’enferrer les élections européennes. Nous ne voulons pas être coincés entre l’extrême-droite et Macron. Les uns et les autres sont des produits de l’ultralibéralisme.
Nous voulons remettre en cause les politiques européennes qui provoquent un énorme mécontentement parmi les populations sur tout le continent. Le dumping social, l’austérité avec le carcan du traité budgétaire, l’évasion fiscale, la non prise en compte des enjeux climatiques, l’indignité de la politique à l’égard des migrants peuvent et doivent être combattus par la France et son peuple, dans la perspective d’une nouvelle « Union de nations et de peuples souverains et associés », en réaffirmant un projet progressiste, social et solidaire.
Ces idées ont besoin d’être portées dans le débat public et les Français ont besoin de députés qui les portent au Parlement européen.

Avec Ian Brossat notre chef de file, Marie Pierre Vieu, Marie Christine Vergiat et Patrick le Hyaric, nos député-e-s sortant-e-s, nous voulons une liste qui soit celle de toutes les mobilisations sociales et citoyennes, une liste ouverte aux coopérations politiques utiles à faire progresser ces objectifs.
Voilà le vrai nouveau monde qui frappe à la porte !

Je vous invite, je nous invite, à aller au devant des victoires qui, j’en suis persuadé sont désormais possibles.

Les mouvements populaires, les mouvements progressistes, les mouvements sociaux ont besoin de victoires ! Ce n'est pas d'abord la misère, ce ne sont pas d'abord les colères qui nourrissent les mouvements du peuple : ce sont avant tout les espoirs !

Nous sommes des fabricants d'espoir et c'est parce qu'ils veulent tuer l'espoir qu'ils cherchent à nous enterrer.
« Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve », disait le poète Fredrich Holderlin. C'est aussi ce « pessimisme de la raison allié à l'optimisme de l'action », formule que Gramsci empruntait à Romain Rolland et que je fais mienne.

L'urgence écologique, l'urgence sociale, l'urgence démocratique, c'est se dégager d'un système aujourd'hui à bout de son rôle civilisateur, c'est sortir du capitalisme.

J'affirme aujourd’hui, sans doute pour la première fois de l’histoire millénaire des sociétés divisées en classes, pour la première fois de l’histoire du monde moderne, et pour la première fois de l’histoire du Parti communiste français, que la question du dépassement du capitalisme et de la construction d’une société sans classe, de ce que j'appelle le communisme, est très concrètement à l’ordre du jour au 21è siècle.

Cette question est dans l'aspiration toujours renouvelée à faire respecter la qualité de son travail et son utilité sociale, contre la dictature du rendement financier. Elle est dans les luttes syndicales.
Elle est dans l'économie sociale et solidaire, les circuits courts et les Amap, dans les expériences de gratuités de transports, de cantines ou en matière de culture, dans les expérience de démocratie participative, dans les affirmations et les luttes féministes, dans les aspirations écologistes, dans les « communs » qu’inventent les élus communistes ou des acteurs du numérique.
Elle est dans l’accueil citoyen des exilés.

Sur ces futurs bien présents, nous pouvons nous appuyer pour engager la transformation du pays, de l'Europe et du monde.

C'est parce que les défis sont là, qu'ils sont atteignables, mais que nous savons aussi la difficulté à les relever, que nous avons décidé un congrès extraordinaire de notre Parti qui se tiendra fin novembre à Ivry-sur-Seine.

Je sais que les observateurs médiatiques regardent toujours tout ça avec le petit bout de la lorgnette, auscultant comme ils le font pour les autres partis, les petites guéguerres intestines avec cette maladie de la « cuisine politicienne » et de la « guerre des égos », si étrangère à notre conception désintéressée de l'engagement.

Mais je leur dis : « ne passez pas à côté de l'essentiel ».
Oui, pour faire la Révolution, nous avons aussi besoin de la nôtre, celle qui nous mettra à la hauteur de l'époque.

Je dis aux communistes, ne lâchez rien sur les trois fronts que nous avons à tenir pour jouer notre rôle et redevenir un acteur majeur de la vie politique et nationale : confiance dans l'actualité des idées communistes, esprit unitaire, novation et audace ».

Gardons tout ce qui doit l'être, à commencer par nos idées émancipatrices, notre magnifique générosité militante et notre esprit de fraternité, si précieux et si rares dans la société actuelle.

Et changeons tout ce qui doit l'être pour nous mettre en situation de jouer le rôle qu'attend de nous la société et le peuple travailleur, à commencer par le renouvellement de notre esprit d'initiative.

Mais il y a quand même du débat ; « ça a l'air mouvementé », me disent des journalistes.
Encore heureux, vu la densité de ce que nous avons à affronter ; mais ne l'oubliez pas, chez nous, ce sont les communistes qui décident et, au final, dans les votes, chacun compte pour un, quel que soit son titre ou sa responsabilité.
Pour nous, c'est ça la démocratie et la dignité de la politique.

Chers amis, chers camarades,

Puisque je viens de parler de renouveler notre esprit d'initiative, je veux conclure en vous faisant, à vous le public de la Fête, à vous toutes les forces associatives, syndicales, politiques que nous avons invitées, trois propositions :

Nous sommes là, tous réunis, rassemblés par la Fête de l’Humanité. La Fête est une occasion unique, chaque fois renouvelée, de partager des projets.

Je crois qu'il est temps de se battre, non seulement contre le monde dont nous ne voulons pas, mais surtout, maintenant, pour le monde que nous voulons.

1) Construisons partout, dès maintenant, les grandes lois sociales et écologiques dont notre pays a besoin. Construisons les sans attendre, en clair sans attendre d’être au pouvoir, dans les luttes, dans des ateliers citoyens législatifs, au Parlement avec les parlementaires disponibles.
Construisons par exemple, je l’ai évoqué, une loi pour le droit à l’alimentation de qualité pour tous avec des mesures concrètes immédiates et à plus long terme, construisons une autre loi pour l’hôpital, pour la prise en charge de la perte d’autonomie, pour donner un statut aux aidants...
Construisons une loi pour les retraites que nous opposerons à celle du gouvernement.
Construisons ensemble les objectifs de nos luttes immédiates et à venir et identifions à chaque fois les moyens de financement nécessaires, les nouvelles institutions financières à créer.
C'est comme cela que nous reprendrons l'offensive en donnant à tous ceux qui luttent la conscience qu'une autre politique existe.

2) Unissons nos forces contre les logiques de la finance pour remettre à l’ordre du jour de l’Europe toute entière la question du progrès social et écologique. Et faisons le avant qu’il ne soit trop tard, avant que l’étau de la surenchère libérale et du désespoir nationaliste n’en finisse avec l’espoir d’un monde plus humain, d’une Europe solidaire, plus juste et en paix.
Préparons ensemble début 2019 des États généraux du progrès social et écologique en Europe, pour changer l’agenda politique et mettre au cœur du débat des élections européennes de grandes exigences populaires de progrès.

3) Et, enfin, ouvrons sans attendre une grande bataille démocratique sur l'avenir de la République. Si d'aventure, le pouvoir repartait à la charge sur sa révision constitutionnelle pour concentrer encore davantage les pouvoirs en allant toujours plus loin dans une monarchie présidentielle absolue, exigeons le référendum pour que les français aient le dernier mot et imposons un autre agenda, celui de la 6ème République.
Ouvrons sans attendre la préparation des élections municipales qui seront l'occasion d'une grande bataille pour une République de l’égalité et des services publics contre la République défigurée des territoires oubliés que nous prépare Macron en massacrant les budgets des communes, le tissu associatif et sportif et les services publics.

Pour cela, engageons, dès maintenant, dans un esprit de large rassemblement, la construction citoyenne de nos projets communs !


Des grandes lois sociales et écologiques pour écrire l'avenir de progrès de notre pays, des États Généraux du progrès social en Europe, une nouvelle République, voilà le menu des batailles que je vous propose.

 

 

 

 

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